Rouler à moto en tongs, sandales ou pieds nus : que dit vraiment la loi, quelle amende ?
Été, quelques kilomètres à faire, l'envie de garder ses tongs pour aller plus vite : la tentation de rouler à moto sans chaussures fermées est fréquente. Voici ce que dit précisément le code de la route, ce que risque le motard, et pourquoi l'enjeu dépasse largement le simple contrôle.
MO Ligne Moto · Départ 09:05 Contrairement à une idée répandue, aucun texte n'impose en France de chaussures fermées ou de type précis pour conduire une moto. Mais l'absence d'obligation spécifique ne veut pas dire absence de risque légal : un autre article du code de la route, plus général, peut suffire à justifier une amende — et la question de la sécurité, elle, reste entière.
Ce que dit réellement le code de la route
Depuis 2016, l'équipement obligatoire du motard en France se limite à quatre éléments : le casque homologué, des gants certifiés CE, et par défaut une tenue couvrant bras et jambes (blouson et pantalon, ou combinaison). Notre article sur les gants moto homologués obligatoires détaille ce volet. Aucune disposition du code de la route ne cite explicitement les chaussures parmi les équipements obligatoires à moto, contrairement à ce qui existe dans certains pays voisins.
Cette absence de texte spécifique ne signifie toutefois pas que rouler en tongs, en sandales ou pieds nus est sans risque juridique. L'article R412-6 du code de la route impose à tout conducteur de rester « constamment en état […] d'exécuter commodément et sans délai toutes les manœuvres qui lui incombent ». C'est sur ce fondement général, et non sur un texte propre aux deux-roues, qu'un agent peut verbaliser un motard dont le chaussage compromet manifestement sa capacité à manœuvrer — tong qui se coince sous le frein arrière, pied qui glisse sur le repose-pied, absence totale de protection empêchant un appui franc au feu rouge.
Ce qui change en cas d'accident
C'est là que la question dépasse largement la simple contravention. En cas de chute ou d'accident, l'assureur peut examiner les circonstances pour déterminer si une faute du conducteur a aggravé les conséquences du sinistre. Rouler pieds nus ou en tongs n'entraîne pas automatiquement une exclusion de garantie — l'assurance moto obligatoire (responsabilité civile) reste due quoi qu'il arrive envers les tiers — mais un chaussage manifestement inadapté peut être retenu comme facteur aggravant dans l'appréciation de la responsabilité du conducteur, notamment pour l'indemnisation de ses propres dommages corporels (garantie du pilote).
| Type de chaussage | Protection contre l'abrasion | Maintien du pied sur le repose-pied | Risque en cas de chute |
|---|---|---|---|
| Bottes ou chaussures moto homologuées | Élevée | Bon | Réduit |
| Baskets fermées | Faible à moyenne | Correct | Modéré |
| Sandales ouvertes | Quasi nulle | Médiocre | Élevé |
| Tongs | Nulle | Très faible, risque de perte | Très élevé |
| Pieds nus | Nulle | Nul | Maximal |
En chute, même à faible vitesse, le pied et la cheville sont parmi les zones les plus exposées : fracture, arrachement de peau (« road rash »), entorse grave. Une tong ou une sandale ne protège absolument rien et peut au contraire se coincer dans la chaîne, le repose-pied ou le frein au moment critique. Le risque n'est pas théorique : c'est l'un des mécanismes de blessure les plus fréquents chez les motards accidentés en tenue estivale légère.
Et pour les trajets très courts ?
L'argument du « juste pour aller au bout de la rue » ne tient pas mieux face au risque réel : la majorité des accidents de deux-roues motorisés surviennent sur des trajets courts et familiers, précisément parce que la vigilance y est plus basse. Pour un usage quotidien en scooter ou moto, mieux vaut garder à bord une paire de chaussures fermées légères — certaines bottines moto d'été offrent une protection correcte sans la chaleur d'un modèle hiver — plutôt que de renoncer systématiquement à la protection dès que le thermomètre grimpe. Notre guide pour choisir son équipement moto détaille les options adaptées à chaque saison.
Questions fréquentes