Prendre l'avion avec un plâtre ou des béquilles : délai, certificat, assistance et placement
Une fracture juste avant les vacances ne signifie pas forcément l'annulation du voyage. Mais un plâtre récent, une jambe immobilisée ou des béquilles imposent quelques précautions et démarches auprès de la compagnie. Ce qu'il faut savoir avant de partir.
AV Ligne Avion · Départ 14:55 Un poignet cassé au ski, une cheville tordue au footing : la fracture tombe souvent au pire moment, quelques jours avant un départ. Prendre l'avion avec un plâtre ou des béquilles est généralement possible, mais pas toujours immédiatement ni sans formalités. Les compagnies encadrent ces situations pour une raison médicale précise, et l'assistance aéroportuaire peut grandement simplifier le parcours. Voici les règles à connaître.
Pourquoi un plâtre récent pose problème en vol
Dans les jours qui suivent une fracture, le membre blessé continue de gonfler. En cabine, la pression est plus basse qu'au sol, ce qui peut accentuer l'œdème. Dans un plâtre rigide et fermé, ce gonflement comprime les tissus, avec un risque de douleur intense et, dans les cas graves, de troubles circulatoires. C'est pourquoi de nombreuses compagnies imposent un délai après la pose du plâtre avant d'accepter un passager, ou exigent que le plâtre soit fendu (ouvert sur sa longueur) pour laisser de la place au gonflement.
Les règles varient d'une compagnie à l'autre, notamment selon la durée du vol. Un délai de 24 à 48 heures après la pose est souvent demandé pour les vols courts, davantage pour les vols longs si le plâtre n'est pas fendu. Les plâtres en résine et les attelles amovibles posent généralement moins de difficultés, puisqu'on peut les desserrer.
Le certificat médical : quand est-il nécessaire ?
Un simple poignet plâtré depuis plusieurs semaines ne nécessite en général aucune formalité. En revanche, pour un plâtre récent, une immobilisation importante (jambe entière, bassin) ou une opération récente, la compagnie peut exiger un certificat médical d'aptitude au voyage. Certaines utilisent un formulaire spécifique, souvent appelé MEDIF, à faire remplir par le médecin et à transmettre au service médical de la compagnie quelques jours avant le vol.
| Situation | Formalités habituelles | Points d'attention |
|---|---|---|
| Plâtre de bras ancien (plus de quelques jours) | Souvent aucune | Prévenir la compagnie reste prudent |
| Plâtre posé il y a moins de 24 à 48 h | Refus possible ou plâtre fendu exigé | Varie selon la durée du vol |
| Plâtre de jambe | Prévenir la compagnie, certificat parfois exigé | Place pour allonger la jambe, siège supplémentaire possible |
| Béquilles seules | Pas de formalité particulière | Demander l'assistance si besoin |
| Après une opération récente | Certificat médical souvent exigé | Délai fixé par le chirurgien et la compagnie |
L'assistance à l'aéroport, un droit gratuit
Dans l'Union européenne, les personnes à mobilité réduite, y compris temporairement après une blessure, ont droit à une assistance gratuite dans les aéroports et à bord, en vertu du règlement européen relatif aux droits des personnes handicapées et à mobilité réduite dans le transport aérien. Concrètement : prise en charge depuis un point d'accueil de l'aéroport, passage facilité des contrôles, fauteuil roulant si nécessaire, accompagnement jusqu'à l'avion et à l'arrivée jusqu'à la sortie.
- 01
Demander l'assistance à l'avance
Faites la demande auprès de la compagnie, de l'agence de voyages ou sur le site de réservation, au moins 48 heures avant le départ. Sans demande préalable, l'aéroport fait son possible, mais le service n'est pas garanti.
- 02
Se présenter au point d'accueil
Arrivez en avance et présentez-vous au point d'assistance PMR, signalé dans l'aérogare, à l'heure indiquée par la compagnie.
- 03
Se laisser guider
L'agent vous accompagne au contrôle de sûreté, à la porte d'embarquement et jusqu'à votre siège. Vous embarquez souvent en premier, ce qui laisse le temps de s'installer.
- 04
Prévoir l'arrivée
L'assistance couvre aussi le débarquement et la récupération des bagages à l'arrivée. Restez assis jusqu'à l'arrivée de l'agent.
Le même principe existe dans les gares : si votre voyage combine train et avion, notre article sur l'assistance PMR en gare SNCF explique comment la réserver.
Béquilles, fauteuil et contrôle de sûreté
Les béquilles sont considérées comme une aide à la mobilité : elles voyagent gratuitement en cabine et ne comptent pas dans la franchise bagages. Elles passent au scanner ou font l'objet d'une vérification manuelle, pendant laquelle un fauteuil ou un siège vous est proposé. À bord, le personnel les range dans un coffre ou un espace dédié pendant le décollage et l'atterrissage. Un plâtre passe au détecteur sans difficulté particulière ; un contrôle complémentaire, par palpation ou détection de traces, peut être réalisé.
Quel siège choisir ?
- Pas de rangée d'issue de secours : les passagers à mobilité réduite n'y sont pas admis, car ils doivent pouvoir aider à l'évacuation.
- Un siège côté couloir du côté du membre blessé, pour pouvoir le bouger et se lever facilement.
- Plus d'espace pour une jambe plâtrée : une jambe tendue ne tient pas devant un siège standard. Selon la compagnie, il faut réserver un siège à plus grand espace pour les jambes, voire un siège supplémentaire. Une jambe ne peut pas être allongée dans l'allée.
- Près des toilettes sur un vol long, pour limiter les déplacements.
Médicaments, assurance et annulation
Emportez en cabine vos antalgiques et éventuels anticoagulants, avec l'ordonnance : notre guide sur les médicaments en avion détaille les règles. Si le médecin vous déconseille de voyager, vérifiez votre assurance annulation : une fracture survenue avant le départ, avec certificat médical de contre-indication, fait généralement partie des motifs couverts, selon les conditions du contrat. Enfin, à destination, prévoyez des déplacements adaptés : marcher longtemps avec des béquilles est épuisant.
Questions fréquentes