Bonus-malus assurance auto : comment le coefficient se calcule vraiment
Un chiffre à trois décimales, imprimé chaque année sur le relevé d'information, détermine à lui seul une bonne partie du montant de la cotisation. Voici comment il évolue réellement, sinistre après sinistre.
VO Ligne Voiture · Départ 09:00 Le coefficient de bonus-malus, aussi appelé coefficient de réduction-majoration, démarre à 1 pour tout nouveau conducteur assuré. Il baisse chaque année sans sinistre responsable, et grimpe dès qu'un accident engage la responsabilité du conducteur. Son mode de calcul, encadré par la réglementation, reste identique d'un assureur à l'autre.
Le principe : un coefficient qui évolue chaque année
Chaque année d'assurance sans sinistre responsable fait baisser le coefficient de 5 %, jusqu'à un plancher de 0,50 atteint après treize années consécutives sans accident engageant la responsabilité du conducteur. À l'inverse, un sinistre responsable fait grimper le coefficient de 25 %, et un sinistre partiellement responsable de 12,5 %. Le calcul s'effectue à la date d'échéance annuelle du contrat, en tenant compte des sinistres survenus sur la période de référence, généralement les douze mois précédant les deux derniers mois du contrat.
| Type de sinistre | Effet sur le coefficient |
|---|---|
| Aucun sinistre sur l'année | Baisse de 5 % |
| Sinistre responsable | Hausse de 25 % |
| Sinistre partiellement responsable | Hausse de 12,5 % |
| Sinistre non responsable | Aucun effet sur le coefficient |
Un exemple de calcul concret
Un conducteur au coefficient 0,85, sans sinistre sur l'année écoulée, voit son coefficient baisser à 0,85 x 0,95, soit environ 0,81. À l'inverse, un sinistre responsable survenu au cours de cette même année ferait grimper ce même coefficient 0,85 à 0,85 x 1,25, soit environ 1,06. Le montant de la cotisation de référence, fixé par l'assureur indépendamment du bonus-malus, se trouve ensuite multiplié par ce coefficient pour obtenir la prime finale.
Plusieurs sinistres la même année : un effet cumulatif
Chaque sinistre responsable survenu au cours de la même période de référence applique sa propre majoration, appliquée successivement au coefficient. Deux sinistres responsables sur une même année produisent ainsi un coefficient nettement plus dégradé qu'un seul, le second calcul s'appliquant sur le résultat déjà majoré par le premier plutôt que sur le coefficient de départ.
Combien de temps avant de revenir à un bon coefficient
Après un sinistre responsable, il faut généralement deux années consécutives sans nouveau sinistre pour effacer son effet sur le coefficient, en tenant compte des baisses successives de 5 % appliquées entre-temps. Un conducteur régulièrement responsable de sinistres voit ainsi son coefficient rester durablement dégradé, chaque nouvel accident repoussant d'autant le retour à un niveau favorable. Ce mécanisme rejoint la logique déjà en jeu pour un jeune conducteur qui cherche à réduire sa prime, le coefficient de départ à 1 ne pouvant baisser qu'avec le temps et l'absence de sinistre.
Le cas particulier des jeunes conducteurs
Un conducteur novice démarre avec un coefficient de 1, sans historique antérieur, ce qui explique en partie une cotisation plus élevée que celle d'un conducteur confirmé au coefficient déjà réduit. Ce point s'ajoute à la surprime spécifique généralement appliquée pendant la période probatoire, deux mécanismes distincts qui se cumulent la première année de conduite, avant qu'une conduite sans sinistre ne fasse progressivement baisser le coefficient.
Conduite prudente contre sinistres répétés
Plusieurs années sans sinistre
- Coefficient qui baisse de 5 % chaque année
- Cotisation finale progressivement réduite
- Plancher atteint à 0,50 après treize ans sans sinistre responsable
Sinistres responsables répétés
- Coefficient majoré de 25 % à chaque sinistre responsable
- Cotisation qui peut tripler ou davantage
- Retour à un bon coefficient repoussé à chaque nouvel accident
Le relevé d'information, la preuve du coefficient en cas de changement d'assureur
En cas de changement d'assureur, le coefficient acquis ne se perd pas : il figure sur le relevé d'information, document que l'ancien assureur doit remettre dans un délai précis après la résiliation du contrat. Le nouvel assureur applique ce coefficient dès la souscription, sans repartir de zéro, un point essentiel à vérifier avant toute démarche de résiliation pour éviter de perdre le bénéfice d'un bon historique de conduite.
Questions fréquentes