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CA Départ 10:00· 16 août 2026· 8 min de lecture

Interdiction de circuler le dimanche pour les poids lourds : règles, horaires et dérogations

Un dimanche sur l'autoroute, presque aucun camion en vue : ce n'est pas un hasard, c'est un arrêté national. Voici qui est concerné, les horaires exacts, les dérogations qui existent vraiment et l'amende encourue en cas d'infraction.

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Un dimanche à midi sur l'A7 ou l'A6, l'autoroute est étrangement fluide malgré le trafic de vacanciers : c'est parce que la quasi-totalité des poids lourds est tout simplement interdite de circulation. Cette règle, méconnue des automobilistes et parfois mal maîtrisée par les transporteurs eux-mêmes, repose sur un texte précis dont les horaires, les véhicules concernés et les exceptions méritent d'être connus avant de prendre la route un week-end.

Le cadre réglementaire : l'arrêté du 2 mars 2015

L'interdiction de circulation des poids lourds le dimanche et les jours fériés est fixée par l'arrêté interministériel du 2 mars 2015, qui a remplacé et unifié plusieurs textes plus anciens. Son objectif est double : fluidifier le trafic routier pendant les périodes de forte affluence touristique, et limiter l'exposition des usagers vulnérables aux poids lourds lors des grands départs et retours de vacances.

PériodeJours concernésHoraires d'interdiction
Toute l'annéeDimanches et jours fériésDe 0 heure à 24 heures (interdiction sur toute la journée)
1er juin au 30 septembreSamedisDe 7 heures à 19 heures
Veilles de jours fériés à fort traficCertains samedis ou vendredis précisés par arrêté annuelGénéralement de 22 heures à 24 heures la veille
Grands départs d'été (dates fixées chaque année)Vendredis et samedis renforcésPlages étendues, publiées par arrêté préfectoral ou ministériel
Périodes et horaires d'interdiction pour les poids lourds de plus de 7,5 tonnes

En clair : l'interdiction du dimanche est permanente toute l'année, tandis que l'interdiction du samedi ne s'applique que pendant la période estivale, du 1er juin au 30 septembre. Un calendrier détaillé, avec les jours de renforcement propres aux grands chassés-croisés de juillet et août, est publié chaque année par le ministère chargé des Transports et doit être consulté avant tout trajet longue distance en cette période.

Quels véhicules sont concernés

L'interdiction vise les véhicules de transport de marchandises de plus de 7,5 tonnes de poids total autorisé en charge (PTAC), qu'il s'agisse de porteurs, de tracteurs avec semi-remorque ou d'ensembles routiers. Les véhicules de transport de personnes (autocars) ne sont pas concernés par ce texte, pas plus que les utilitaires légers et les camping-cars, même chargés.

Les dérogations permanentes

Certains transports restent autorisés en permanence, y compris le dimanche, parce que leur nature justifie une continuité de service. La liste, fixée par l'arrêté, couvre notamment :

  • Le transport de denrées périssables (produits alimentaires frais, fleurs coupées) en véhicule spécialement équipé.
  • Le transport d'animaux vivants, y compris pour l'abattage ou l'élevage.
  • Le transport de la presse et des publications périodiques.
  • Les transports funéraires et le rapatriement de corps.
  • Le transport de fonds et de valeurs, dans des véhicules blindés dédiés.
  • Les véhicules de secours, de dépannage et d'intervention d'urgence, y compris le dépannage de poids lourds en panne.
  • Le transport combiné rail-route ou fleuve-route, sur le trajet routier initial ou terminal, sous conditions de distance.
  • Les véhicules circulant à vide pour rejoindre un lieu de chargement ou revenir d'un déchargement, sous certaines conditions strictes selon les préfectures.

Les dérogations temporaires, sur demande en préfecture

Au-delà des dérogations permanentes, un transporteur confronté à une situation exceptionnelle — livraison urgente pour un chantier, événement particulier, contrainte logistique imprévue — peut solliciter une dérogation temporaire individuelle auprès de la préfecture du département de départ ou d'arrivée du trajet.

  1. 01

    Identifier la préfecture compétente

    La demande se dépose auprès de la préfecture du département où débute ou se termine le transport, selon les modalités précisées sur son site internet.

  2. 02

    Constituer un dossier justificatif

    Nature de la marchandise, itinéraire précis, dates et horaires souhaités, immatriculation du ou des véhicules, et surtout justification du caractère exceptionnel ou urgent du transport.

  3. 03

    Déposer la demande suffisamment à l'avance

    Les délais d'instruction varient selon les préfectures, mais une demande déposée la veille pour le lendemain a peu de chances d'aboutir. Anticiper de plusieurs jours reste la seule stratégie fiable.

  4. 04

    Conserver l'arrêté de dérogation à bord

    En cas de contrôle routier pendant une période d'interdiction, seul l'arrêté préfectoral nominatif fait foi. Une demande simplement déposée, sans réponse favorable reçue, n'autorise pas à circuler.

Les repères chiffrés à connaître :

7,5 t
PTAC à partir duquel l'interdiction s'applique
135 €
amende forfaitaire de 4e classe, minorée à 90 € en paiement rapide
750 €
amende maximale encourue en cas de poursuite
0h à 24h
durée de l'interdiction un dimanche ou jour férié classique

Poids lourd soumis à l'arrêté ou véhicule exempté

Soumis à l'interdiction

  • PTAC supérieur à 7,5 tonnes, transport de marchandises
  • Ensemble tracteur + semi-remorque chargé ou à vide
  • Poids lourd étranger en transit sur le territoire français
  • Retour à vide sans motif dérogatoire reconnu

Exempté ou dérogataire

  • Denrées périssables, presse, fonds et valeurs, animaux vivants
  • Véhicules de secours, dépannage et intervention d'urgence
  • Transport combiné sur le trajet routier initial/terminal
  • Détenteur d'une dérogation préfectorale nominative en cours

Ce que ça change pour l'organisation d'un transport

Pour les transporteurs, cette contrainte se planifie en amont : les tournées de livraison intègrent l'arrêt du vendredi ou samedi soir jusqu'au lundi matin dans le calcul des délais. C'est aussi l'un des paramètres qui pèse sur les plannings de conduite, aux côtés de la réglementation du temps de conduite et de repos des conducteurs routiers, qui impose déjà des coupures régulières indépendamment de l'interdiction dominicale.

Un poids lourd immobilisé un samedi soir en bord d'autoroute, faute d'avoir anticipé l'horaire de coupure estivale, se retrouve doublement pénalisé : arrêt forcé du véhicule et retard de livraison qui peut avoir des conséquences contractuelles. Les aires de repos poids lourds sont d'ailleurs prises d'assaut juste avant chaque coupure, ce qui complique encore la recherche d'un stationnement sécurisé pour la nuit ou le week-end.

L'interdiction du dimanche n'est pas une option de planning, c'est une contrainte à intégrer dès le devis de transport — au même titre que les péages ou le carburant.
— Pratique courante rappelée par les fédérations du transport routier
  • Confondre l'interdiction du dimanche avec celle du samedi, alors que la seconde ne s'applique que du 1er juin au 30 septembre.
  • Penser qu'un retour à vide est automatiquement autorisé : la dérogation à vide est encadrée, pas systématique selon les préfectures.
  • Attendre le dernier moment pour demander une dérogation temporaire, alors que les délais d'instruction dépassent souvent 48 heures.
  • Ignorer les jours de renforcement estival, propres à certains vendredis et samedis de grands départs, publiés par arrêté spécifique chaque année.
  • Oublier qu'un poids lourd étranger en transit est soumis exactement aux mêmes règles qu'un véhicule immatriculé en France.

Questions fréquentes

Un camping-car de plus de 7,5 tonnes est-il concerné par l'interdiction ?
Non. L'arrêté vise le transport de marchandises. Les camping-cars, comme les autocars de transport de personnes, ne relèvent pas de ce texte, quel que soit leur poids.
Un poids lourd peut-il circuler un dimanche pour rejoindre un garage en cas de panne ?
Oui, les véhicules de dépannage et les interventions d'urgence font partie des dérogations permanentes. Un poids lourd tombé en panne peut être remorqué ou dépanné un dimanche sans que cela constitue une infraction.
L'interdiction s'applique-t-elle aussi sur les routes départementales, ou seulement sur autoroute ?
L'interdiction nationale s'applique en principe sur l'ensemble du réseau routier ouvert à la circulation, autoroutes comme routes secondaires, sauf dérogations locales spécifiques que certaines préfectures peuvent ajuster pour des itinéraires précis.
Que se passe-t-il si le contrôle a lieu juste après la fin théorique de l'interdiction ?
Seule l'heure réelle du contrôle compte. Un poids lourd circulant après l'heure de fin d'interdiction affichée sur l'arrêté n'est pas en infraction, même si le trajet a débuté pendant la période interdite — à condition d'avoir été à l'arrêt pendant celle-ci.
La dérogation obtenue dans un département vaut-elle pour tout le trajet ?
Non, une dérogation préfectorale est généralement limitée à l'itinéraire et aux dates précisées dans la demande. Pour un trajet traversant plusieurs départements, il faut vérifier auprès de la préfecture compétente si l'autorisation couvre l'ensemble du parcours ou seulement une portion.

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